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Au nouveau chic de la cravate

C’EST FINI. LA CRAVATE N’EST PLUS UN CODE, N’A PLUS DE GENRE. LES FEMMES LA PORTENT ! VIOLANT CE TOTEM DE MASCULINITÉ, DE SAINT LAURENT À SCHIAPARELLI, POUR EN FAIRE UN FÉTICHE DE LA POWER WOMAN.

BY Ariel WizmanPUBLISHED ON : MARCH 20, 2026

La cravate lesbian chic des années 1920, un peu « Domina arrive en ville », avait déjà serré le cou de Grace Jones dans les années 1980, et on se souvient tous de la Diane Keaton de Annie Hall, en madone de l’androgynie oversize. Il faudra désormais s’habituer à Zendaya, Bella Hadid, Hailey Berry ou Victoria Beckham, lorsqu’elles s’aventurent dans le vestiaire masculin pour secouer la cravate, de nouveau so sexy.

Car la cravate dépérissait. Les bureaux allaient lancer une alerte enlèvement. Les casual fridays avaient cannibalisé la semaine. Il fallait de l’aplomb pour s’y accrocher encore. La nouer le matin exigeait de se dire : « C’est un bon jour pour une cravate. » Un peu comme le chef amérindien Crazy Horse s’exclamant avant la bataille de Little Bighorn : « C’est un beau jour pour mourir. » Avec une chute continue des ventes, on lui donnait quelques années avant d’écrire sa nécrologie. Mais la mode adore jouer au yo-yo. Le retour de la cravate est bien là, et il a commencé comme un défi lancé au monde par Anthony Vaccarello pour sa collection d’été Saint Laurent 2025, où les cravates, bien affirmées entre revers larges et épaules baraquées, se sont carrément fait remarquer.

SYMBOLE DE STATUT

Avec ses sosies de Prince, Willy Chavarria n’a pas tremblé non plus : ses dernières collections utilisent la cravate comme d’autres le piment ou la vaseline au jasmin. Ça fait tout passer. Chez Junya Watanabe, on a vu des mannequins arborer trois cravates l’une sur l’autre. Qui a dit qu’il n’en fallait qu’une ? Chez Celine, la cravate club va très bien avec un bandeau, piqué au crackhead du coin de la rue. La liste est longue : Vuitton, Balenciaga… tous ont leur façon de déconstruire la cravate. Son origine ? C’est rasoir mais je vous raconte : c’est la Croatie qui impose à ses cavaliers le port d’une étoffe autour du cou, francisé en « cravate ». Depuis, elle est devenue un symbole de statut. Elle reste longtemps une fantaisie d’aristocrate, puis se transforme en un accessoire de dandysme urbain. Baudelaire y voit un signe de servitude, que l’on accepterait avec l’élégance du consentement. Une « profession de foi » pour Barbey d’Aurevilly. Balzac y a consacré un essai comple..

Pour lire la suite de l'article, retrouvez le magazine en kiosque dès le 25 mars 2026.

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