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À quoi rêve (encore) Charles Leclerc ?

Dimanche matin à Monaco. Chez Charles Leclerc, entre ciel grec et méditerranée immobile. Le champion à coupé le moteur et nous reçoit en exclusivité loin du tumulte de la F1.

BY ESQUIRE FRANCEPUBLISHED ON : MARCH 22, 2026

Dimanche matin à Monaco, à l’heure de la messe. Même si vous n’y croyez pas, faites une prière. Demandez à Dieu de vous faire à l’image de Charles Leclerc –  le petit prince de Monaco, tignasse à la diable et sourire à fossettes. Demandez-Lui alors de vous rendre raide dingue d’une fille à la beauté latine, cheveux noirs et yeux bruns, à l’élégance extraterrestre. Qu’Il vous loge en hauteur, en bord de mer, à Monaco. Avec vue sur l’infini. Demandez-Lui de faire une météo immobile, avec un soleil éclairant un ciel outrageusement bleu. Et le reste à l’avenant… Vous voilà un homme heureux ! C’est une blague. Mais Charles Leclerc ressemble réellement à cet homme comblé, quand, dans la lumière grecque de ce dimanche matin de janvier, il m’invite à pénétrer dans son nouveau chez lui. Un invraisemblable nid d’amour, donnant le sentiment d’être juché sur le bord bleu du monde. N’est-ce pas ici, dans ce building moderniste, qu’il a fait sa demande en mariage à Alexandra Saint Mleux le 28 octobre dernier ?

NORMAN JEAN ROY

« C’était pile le jour où on emménageait », dit-il. Une manière de célébrer un commencement, avec la Méditerranée pour témoin ! Difficile de ne pas être flatté d’entrer ainsi dans l’intimité du couple le plus glamour du moment, à quelques semaines de célébrer leur mariage. «  Venez, entrez  », dit le jeune homme, passant négligemment sa main dans les cheveux, allure décontractée, jean écorché et gilet de laine. Il a gardé dans ses yeux espiègles des éclats d’enfance. Sa silhouette, discrètement athlétique, frappe par ses larges épaules. Le pilote a beau être un « assis » qui va vite, il ne doit pas mollir pour dompter des bolides de kevlar et fibres de carbone, fonçant dans un vacarme d’enfer. Charles donne le sentiment d’être une force qui va (vite). Le champion, plébiscité par des millions de followers, ne fanfaronne pas pour autant. Il me précède. Je remarque à droite une énorme bouteille de champagne, un mathusalem (ou un balthazar ?), siglée Ferrari, à côté du casque rouge de l’exploit. Un vrai petit temple domestique, en souvenir de la victoire mythique au Grand Prix de Monaco 2024. Et elle le vaut bien ! Le Prince Albert II avait pleuré en prenant dans ses bras l’enfant du pays. Comment oublier cette émotion, encore visible sur YouTube ? La joie surréelle de Charles. Les yeux qui s’embuent en sortant du tunnel quand il comprend, à deux tours de l’arrivée, qu’il est en train de gagner, en surmontant enfin cette satanée malédiction du Grand Prix de Monaco où les pilotes perdent si souvent les pédales ! Il réalise son rêve : triompher dans sa ville, sur ce circuit bourré de souvenirs d’enfance ! Il faut l’entendre hurler dans son casque des « yeahhh » déchirants !

NORMAN JEAN ROY

S’EXTRAIRE DU TEMPS

Par contraste, ici, l’esprit du pilote s’apaise. Durant les quelques semaines de saison morte de la F1, Charles ralentit. Sorti de son baquet, il marche dans la vie. Il se marie en février. Le temps s’arrêtera. « Vous avez des courses préférées ? » « Il y a 24 grands prix de F1. On ne choisit pas. On les dispute toutes. Les 24 ! La dernière s’est achevée début décembre à Abu Dhabi. La première reprend le 8 mars avec le Grand Prix d’Australie. Il faut tenir le rythme. » Charles glissera alors sur le même toboggan temporel. Emporté dans une cataracte de voyages, à cheval sur les fuseaux horaires, entre l’Australie, la Chine, le Japon, Bahreïn, l’Arabie saoudite, Miami, Monaco etc. Arrive-t-il, dans ce maelström chronométré, à s’extraire du temps ? «  Le seul moment où je contrôle le temps, c’est au moment d’entrer dans la voiture. Je sais exactement comment faire pour aller plus vite. On a tous en tête l’image du tour parfait. Mais, vous savez, la vitesse est une drôle de chose. Elle a le pouvoir de déformer le temps.

NORMAN JEAN ROY

Quand j’ai couru pour la première fois en F1, j’étais inquiet. Ça allait vite. Très, très vite. Mais le cerveau s’adapte. Et au bout de trente tours, tout s’est soudain ralenti. J’ai passé un cap. Et j’ai pris mes marques pour toujours dans cette lenteur. Il faut que je mentionne aussi une expérience pour faire comprendre combien le temps et la vitesse sont relatifs. J’ai eu la chance en 2024 de piloter un Rafale. C’était un privilège. avec Antoine, en charge des réseaux sociaux, on est allé à Saint-Dizier. ui était embarqué dans un autre avion, un A400M. La trappe arrière était o u v e r t e s u r l e v i d e pour filmer  ! Avec le pilote instructeur, on a décollé, et quelques dizaines de minutes plus tard, on était déjà à Orange. J’ai volé ensuite cap au sud. J’étais très fier, naturellement, de survoler Monaco. Et j’ai passé le mur du son, là-bas, au-dessus de la mer, me dit Charles en pointant e bras vers l’horizon. Mais je dois dire que les sensations de vitesse sont bien différentes. Quand je suis au volant de ma Ferrari, je sens la vitesse au sol, à travers le relief de la piste, les odeurs, le vent. À quelques centimètres de la piste, la vitesse est terrestre, concrète. En l’air, elle est abstraite. Comme une idée que seuls les G d’accélération peuvent matérialiser dans le corps.  »

NORMAN JEAN ROY

Pour lire la suite de l'article, retrouvez le magazine en kiosque dès le 25 mars 2026.

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